Violette Dorange Vers Lorient Pour Réparer Son Navire

Violette Dorange Vers Lorient Pour Réparer Son Navire

Un Retour Vers Lorient Pour Sauver La Course

La navigatrice Violette Dorange a quitté Roscoff ce mardi pour rejoindre son port d’attache à Lorient. Ce déplacement fait suite à un accident violent survenu dimanche, peu après le départ de la 13e édition de la Route du Rhum. La collision a eu lieu seulement quelques heures après le coup de canon donné à 13h02 à Saint-Malo. La skippeuse de 25 ans, engagée pour sa première participation à cette épreuve, a subi un choc brutal avec le trimaran Use It Again, piloté par Romain Pilliard. L’impact a causé des dommages structurels sévères à l’Imoca Initiatives Cœur, rendant toute traversée immédiate de l’Atlantique impossible dans cet état.

Après une première escale technique à Roscoff, où ses techniciens ont travaillé pour colmater une voie d’eau et sécuriser l’embarcation, la jeune femme a repris la mer seule. Elle navigue actuellement à très faible vitesse afin de préserver au maximum l’intégrité de son voilier et prévoit d’arriver à Lorient mercredi matin. L’objectif est de mettre en œuvre tous les moyens techniques disponibles à sa base pour rendre le navire apte à reprendre la compétition. Violette Dorange ne lâche rien et compte bien aller au bout de l’aventure, malgré la violence de l’incident.

Des Dégâts Structurels Importants

Le bilan technique après l’accident est préoccupant. Le foil tribord du navire s’est fissuré et plusieurs éléments de la coque ont été sérieusement abîmés. Selon Ronan Deshayes, le directeur technique de l’écurie, une intervention approfondie est nécessaire. Pour être efficace, l’équipe devra sortir le bateau de l’eau, retirer le mât et installer le navire dans un hangar. Cette étape de déconstruction est indispensable pour identifier précisément toutes les cassures situées sous la ligne de flottaison et évaluer la faisabilité d’un nouveau départ vers la Guadeloupe.

L’enjeu est désormais temporel. La ligne d’arrivée de la course doit fermer ses portes le 3 décembre. Violette Dorange, dont l’objectif humanitaire avec Initiatives-Cœur est de sauver 20 enfants atteints de malformations cardiaques, reste déterminée à franchir la ligne. Cependant, la décision finale de repartir dépendra de l’étendue des réparations et de la solidité retrouvée de la structure. L’équipe technique doit agir avec rapidité pour maximiser les chances de succès de la navigatrice.

Un Litige Entre Deux Navigateurs

L’accident a également déclenché une procédure administrative complexe. Violette Dorange et Romain Pilliard ont déposé séparément des réclamations auprès d’un jury international de la Fédération Française de voile. Ce jury doit désormais déterminer les responsabilités de chacun dans l’accrochage et statuer sur d’éventuelles pénalités de temps ou bonifications. La responsabilité de la jeune skippeuse d’Initiatives Cœur risque d’être retenue par les experts après analyse des faits.

Les versions des faits divergent radicalement. Violette Dorange explique que le vent forçissait après le passage de la bouée de dégagement du cap Fréhel et qu’elle était en pleine accélération lorsque le bateau de Romain Pilliard s’est retrouvé sur sa trajectoire lors d’une manœuvre. Elle affirme ne pas avoir eu le temps nécessaire pour ajuster ses réglages et éviter l’impact. De son côté, Romain Pilliard affirme qu’il était devant et quasiment immobile, estimant que c’était aux autres navires de s’écarter dans ces conditions. Une vidéo de la collision montre l’Imoca Initiatives Cœur percuter le trimaran à haute vitesse.

Le trimaran Use It Again a également subi des dommages majeurs, notamment son flotteur bâbord qui a été littéralement explosé. Malgré l’importance des dégâts structurels, le marin de 51 ans espère, tout comme sa concurrente, pouvoir réparer son navire et reprendre la route vers la Guadeloupe. Pendant ce temps, son fils Titouan, le benjamin de la flotte à 20 ans, poursuit sa propre traversée dans la catégorie Vintage Mono.

Alors que Tom Laperche conserve la tête de la course avec une avance de 55 milles nautiques sur Armel Le Cléac’h, le sort de Violette Dorange et de Romain Pilliard reste suspendu aux mains des techniciens et aux décisions du jury international. La course contre la montre a commencé, non plus sur l’eau, mais dans les ateliers de réparation pour tenter de sauver leur participation.