Avarie De Foil Pour Le Vainqueur Sortant Charles Caudrelier

Avarie De Foil Pour Le Vainqueur Sortant Charles Caudrelier

Un coup d’arrêt brutal pour le tenant du titre

La Route du Rhum 2026 a été marquée par un événement majeur ce mardi 3 novembre. Charles Caudrelier, le vainqueur de l’édition 2022 et tenant du titre, a été contraint d’abandonner la compétition. Alors qu’il se classait dans le quatuor de tête des Ultim, la catégorie reine de la course reliant Saint-Malo à Pointe-à-Pitre, le skipper de 52 ans a dû faire demi-tour. Le Maxi Edmond de Rothschild a mis le cap vers sa base de Lorient, où il est attendu durant le week-end.

L’incident est survenu alors que le navigateur se trouvait à environ 400 milles au nord des Açores. L’avarie, localisée sur le foil bâbord, s’est avérée trop sérieuse pour être traitée en mer. Malgré les tentatives initiales de sécurisation de l’appendice et les investigations menées à bord avec l’appui de sa cellule routage, l’ampleur des dégâts a rendu toute réparation rapide impossible. L’équipe technique a conclu que la localisation de la faille, située en haut du shaft du foil, ne permettait pas d’envisager une solution efficace durant le parcours.

L’innovation face à la réalité technique

Ce nouvel Ultim, mis à l’eau seulement huit mois avant le départ, se voulait révolutionnaire. Cependant, cette innovation s’est accompagnée d’un manque de fiabilisation. Le temps imparti pour mettre au point et maîtriser le fonctionnement de ce trimaran géant était trop court. Avant même le départ, Charles Caudrelier avait exprimé des doutes sur la capacité de son navire à tenir la distance jusqu’en Guadeloupe, soulignant qu’il n’avait pas effectué plus de trois jours de mer consécutifs et qu’il manquait encore de connaissance sur les nombreuses options de réglage du bateau.

Cyril Dardashti, directeur général de l’écurie, a précisé que l’avarie n’était pas le résultat d’un choc avec un objet flottant, contrairement à ce qui a pu arriver à d’autres concurrents. Il a rappelé que les appendices et les systèmes associés étaient inédits pour ce type de plateforme offshore, et que l’innovation comporte intrinsèquement des risques. Une analyse détaillée du scénario sera menée une fois le skipper et son équipe réunis à terre pour mieux comprendre l’enchaînement des faits et refaire le scénario complet de l’incident.

Un début de course éprouvant pour les Ultim

Charles Caudrelier est le premier des huit Ultim engagés à jeter l’éponge, mettant fin à ses rêves de réaliser un doublé. Il n’est toutefois pas le seul à rencontrer des difficultés techniques majeures. Anthony Marchand a également subi une avarie sur son safran central, provoquée par la rencontre avec un objet flottant non identifié. Fait notable, Marchand naviguait à bord de l’ancien bateau de Caudrelier, celui-là même qui avait permis au skipper de triompher en 2022. De son côté, Thomas Coville a également été impacté par la perte de sa voile d’avant, illustrant la fragilité des machines face aux éléments.

Le skipper de 52 ans a dû gérer une situation stressante dès le mardi matin, alertant immédiatement son équipe à terre après la découverte du problème. Pendant que le navigateur sécurisait le foil endommagé, sa cellule routage étudiait divers scénarios pour tenter de sauver la course. Malheureusement, le constat final a été sans appel, forçant le retour prématuré vers le Morbihan. Cette sortie de course intervient seulement deux jours après le départ officiel de l’épreuve, refroidissant brutalement les ambitions de victoire du héros de 2022.

Malgré ces défections et incidents, la course continue pour les leaders. Actuellement, Tom Laperche, à bord de SVR Lazartigue, et Armel Le Cléac’h, sur Banque Populaire, se livrent un duel intense au large des Açores, se rendant coup pour coup. Pour Charles Caudrelier, si cette édition s’achève prématurément, l’objectif à long terme reste inchangé. Le Maxi Edmond de Rothschild est destiné à participer au deuxième tour du monde en solo et en Ultim, prévu pour 2028, ce qui permettra d’intégrer les enseignements tirés de cet abandon brutal et de fiabiliser les systèmes novateurs.